Mois de l’histoire des Noir·es
Pour la cinquième année consécutive, nous sommes fier·ères de parrainer la Bourse de journalisme pour les femmes noires du CJF-CBC/Radio-Canada, qui offre à une journaliste émergente la possibilité de travailler pendant six mois dans une salle de rédaction de CBC.
Cette bourse a pour but d’amplifier les voix des personnes noires, d’améliorer la couverture des enjeux qui concernent leurs communautés et de former les futures leaders des médias noirs — des objectifs qui nous tiennent particulièrement à cœur alors que nous œuvrons pour célébrer et soutenir la communauté noire durant le Mois de l’histoire des Noir·es, mais aussi tout au long de l’année.
Lauréate de la bourse de l’année
dernière, Daysha Loppie
Nous avons récemment eu l’occasion de rencontrer Daysha Loppie, lauréate de l’édition précédente de cette bourse, afin de discuter de cette initiative. Journaliste et chercheuse originaire de Toronto, elle cherche à remettre en question les narrations dominantes et stigmatisées de différentes communautés. Elle partage ici quelques réflexions sur cette bourse et offre des conseils aux autres femmes noires qui souhaitent embrasser une carrière similaire.
Q : Alors que vous entamez le sixième mois de cette bourse, pouvez-vous nous parler de votre expérience?
R : C’est une expérience vraiment immersive. J’ai passé la première partie de la bourse avec « The Fifth Estate », l’émission phare d’enquête de CBC. J’adore le journalisme d’investigation et je pense que cette expérience élargira mes perspectives professionnelles dans ce secteur.
Q : Comment votre expérience dans la salle de rédaction a-t-elle influencé votre compréhension du cycle de l’actualité?
R : Cela m’a appris l’importance de l’exactitude. Il faut parfois concilier précision et rapidité dans la diffusion des informations. Ces deux aspects ne doivent jamais être exclus l’un de l’autre. On ne peut transiger avec la vérité.
Q : Avez-vous des conseils à donner aux femmes, en particulier aux femmes noires, qui souhaitent faire carrière dans le journalisme?
R : Le plus important est de tisser des liens avec les gens et de faire preuve de solidarité envers ceux·lles qui peuvent vous aider à atteindre vos objectifs. Et ces personnes ne correspondent pas toujours au profil escompté.
Q : Pourquoi les bourses comme celle-ci sont-elles importantes?
R : Il s’agit d’occasions de travail rémunéré. La rémunération est essentielle. Vous devez manger si vous voulez écrire une histoire qui remporte un prix.
Q : Quelle est la prochaine étape pour vous sur le plan professionnel?
R : Il y a quelques enquêtes portant sur la communauté noire, dont l’une est liée à l’histoire de ma propre famille. Je l’ai principalement étudiée en raison de mes origines familiales qui remontent à une communauté noire de la Nouvelle-Écosse. Par ailleurs, je souhaite enrichir mon parcours académique en obtenant une maîtrise, puis un doctorat, car la recherche me passionne. Je considère ces projets comme faisant partie d’une carrière plus vaste dans le domaine du journalisme.
Q : Avez-vous quelque chose à ajouter?
R : Il est crucial que des personnes noires de différents âges, origines et compétences travaillent dans l’industrie du journalisme, non seulement pour représenter cette diversité, mais aussi pour construire un domaine journalistique capable de relever de futurs enjeux. Je pense que vivre dans le monde en tant que personne noire revêt parfois un caractère expérimental — nous devons trouver des manières de faire les choses différemment, et ces perspectives sont inestimables pour imaginer des moyens innovants d’améliorer le journalisme et de lui permettre de perdurer.
Pour un meilleur quotidien.
Ensemble.